Les cimetières depuis le moyen âge : rituels autour des défunts

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Histoire de la mort aujourd'hui les usages, les règlements et l'architecture des cimetières

Résidence des morts par excellence le cimetières est aussi un lieu de vie pour ceux qui les fréquentent. Si il est une ville ou les cimetières sont très présents où ils ont même une présence oppressante c’est Jérusalem. Hors la vieille ville, hors les murs, tout contre les murs, c’est une réalité déjà ancienne que relevait Chateaubriand, au début du XIX e siècle, il évoquait Jérusalem comme un cimetière au milieu du désert, il évoquait les maisons qui ressemblent à des sépulcres, cette présence forte des morts autour de la vieille ville, n’a fait que s’accroître depuis, à côté de la colonisation des vivants on a une colonisation par les morts, ou en tout cas une colonisation des vivants par les morts, c’est quelque chose qui frappe tout voyageur, cette présence des cimetières et en l’occurrence des cimetières des populations juives et israéliennes autour de la vieille ville et l’extension de ces cimetières de manière à marquer l’espace, à contrôler l’espace. C’est une utilisation de l’espace funéraire des lieux pour les morts dans un contexte politique tendu et dramatique.

Cérémonie funéraire

Il y a une rupture nette entre l’antiquité et le moyen âge, entre l’antiquité ou les morts étaient rejetés à l’extérieur de l’espace habité, on les mettait le long des routes à l’extérieur des cités, le long des voies pour que les vivants puissent les voir et effectuer un certain nombre de rites, et à la fin du moyen âge on a une transformation progressive, un rapprochement des cimetières des églises ou des oratoires, ou des lieux de culte, voire on commence à enterrer à l’intérieur des églises, c’est une transformation complète du rapport aux morts, du rapport aux corps aussi dans le cas du christianisme.

Décoration funéraire et lieux de souvenir des défunts

Ce paysage de cimetières, de ces tombeaux rangés, éventuellement agrémenté d’un arbre, de ces allées qui permettent aux visiteurs de circuler autour des tombes, ce paysage dont on a l’impression qu’il est multi-séculaire, finalement est un paysage extrêmement récent, C’est au très Haut moyen âge que l’on invente progressivement quelques codes du cimetière, mais on est très loin d’une codification généralisée de ces endroits où l’on va poser ses morts.

La première étape de ces changements fut l’abandon de cimetières que l’on appelait en plein champs ou en rangée qui était loin de l’habitat et des églises dans le Haut moyen âge, jusqu’au VII, VIIIè siècle. Le rapprochement des cimetières des églises, qui deviennent paroissiales, donc à l’intérieur du village ou de la ville.

La deuxième étape c’est l’invention ou la création du rituel de consécration du cimetière qui est une étape très importante puisqu’à partir de ce moment là la terre du cimetière est préparée, réservée pour les chrétiens et exclue les autres, ce qui n’était pas le cas avant. Dans l’Antiquité on ne consacrait pas l’espace tout comme dans les premiers temps chrétiens ou seulement la tombe individuelle était bénie.

Les premiers cimetières

La période médiévale est celle de la naissance des cimetières, c’est une nouvelle organisation funéraire par rapport à une longue histoire antique, une organisation funéraire qui se caractérise tout d’abord par l’inhumation, on sort d’une période où l’inhumation est un choix avec la crémation voire l’exposition, le moyen âge c’est l’époque de l’inhumation exclusive, et puis ça s’arrête à partir du XIXè XXè siècle où on retrouve cette alternative entre inhumation et crémation, l’organisation funéraire au moyen âge c’est deux choses importantes, c’est une cohabitation des vivants et des morts, désormais les vivants et les morts vivent dans les mêmes lieux ou juxtaposés, qui se confond souvent souvent se superpose, le cimetière au cœur du village et d’autre part, le cimetière médiéval c’est l’articulation entre le lieu sacré et l’espace funéraire.

Cette organisation funéraire générale qui s’impose en occident, renvoie ou participe à un système social nouveau qui se met en place dans la période médiévale( jusqu’au XVIII-XIXè s), il y a un basculement du système antique au système des communautés médiévales, les villages, les paroisses, donc une réalité toute autre qui se met en place et auxquelles réalités participent la présence des morts au cœur de l’espace habité, les morts sacralisés ancrent ces communautés d’habitants jusqu’à la grande transition funéraire précisément du XVIII et du XIXè s avec une relégation des morts à l’extérieur des espaces habités et avec une nouvelle physionomie, un nouveau paysage pris alors par les nouveaux cimetières : les cimetières avec des chemins, avec des cyprès, les cimetières paysagés qui sont très loin des réalités médiévales.

Le cimetière médiéval de part sa topographie , mais pas seulement est un cimetière qui est fréquenté quotidiennement par les vivants, un cimetière où un certain nombre d’actes importants pour le communautés sont faits, ça renvoie à la fonction du cimetière qui est de créer, de fonder une communauté qui est envisagée au moyen âge comme une communauté des vivants et des morts, tout ça se faisant sous l’égide de l’église, de l’écclésiat.

Source : retranscription libre de la Fabrique de l'histoire de France Culture : Que faire de nos morts, les inhumer et peut-être les représenter.

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