Le métier de thanatopracteur et ses origines au 19ème siècle

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La naissance, le développement du métier de thanatopracteur, comment au XIX s en particulier la question de la conservation des corps a-t-elle évolué.

L’embaumement en particulier et la thanatopraxie actuelle par du principe que la mort c’est une déconstruction des sens, c’est à dire lorsque la personne vient à décéder, l’odeur change le visuel change le toucher change, tout change. Du coup le dialogue entre les personnes qui connaissent la dépouille n’est plus vraiment possible, parce qu’il y a une trop grande différence. Le principe de l’embaumement c’est de reconstruire certains sens pour un temps donné afin de permettre à nouveau un dialogue et donc de permettre le deuil.

En effet il y a une tendance instinctive à maintenir quelque chose dans le temps, c’est pas le cadavre qui persiste, c’est la personne, ce qui nous reste c’est une dépouille, qui est finie qui est devenue hors d’usage, qui est respectable parce qu’il a été l’expression de quelqu’un dans le temps, ce qui compte c’est pas la viande qui reste, c’est le sujet .

L'embaumement de Lénine

En 2016 une polémique éclate en Russie : l’état doit-il débourser les 174 000 Euros nécessaires à la restauration du corps embaumé de Lénine 92 ans après sa mort ? La disparition de ce corps annoncerait-il le renoncement définitif aux idées de la Révolution russe ? Si les interrogations des citoyens russes concernent un corps célèbre à travers le monde entier, en France près d’un tiers des décès annuels sont suivi d’un soin dispensé par un thanatopracteur, ouvrier d’une relation à la mort dont on souhaiterait effacer la violence. De la simple toilette mortuaire au soin de conservation, il s’agit toujours de prolonger l’image du mort le temps de lui faire ses adieux. Si les thanatopracteurs adoucissent le deuil, ils restent cependant l’objet d’une suspicion pour les uns, d’une fascination pour les autres, marqués qu’ils sont par ce contact intime et quotidien avec la mort. Du Moyen-Age à nos jours, sans oublier la momie-mania du XIXe siècle, une histoire des thanatopracteurs.

Dilaceratio corporis, au source de l'embaumement

La notion d’embaumement est ancienne, l’embaumement s’est nourri des conflits comme à chaque fois, la médecine se nourrit beaucoup des conflits et c’est ce qui la fait avancer.

L’une des techniques majeure de l’embaumement est la technique de dilaceratio corporis, qui est la division des corps, est née lors des croisades : il était impossible de ramener en parfait état une dépouille vu les distances et le temps qu’on avait pour le faire, donc les chevaliers allemands ont défini une nouvelle technique qu’on a appelé le mos Teutonicus qui été transféré en latin en dilaceratio corporis, qui était une division des corps. On pratiquait sur place l’enlèvement du cœur, on ébouillantait la dépouille, on enterrait sur place le substrat, on ramenait les ossements et le cœur. Cela permettait d’honorer plusieurs lieux, en déposant les morceaux des dépouilles en ces lieux, et du coup qui disait honneur sur certains lieux disait pèlerinage etc.

Richard cœur de Lion meurt le 06 avril 1199 dans un petit village du Limousin où il était venu mater la rébellion d’un de ses vassaux, il meurt d’un carreau d’arbalète dans l’épaule et qui se gangrène en une dizaine de jours, au cours de ces dix jours il va pouvoir dire à ses proches ses dernières volontés, et parmi ces dernières volontés il émet le souhait de voir son corps séparé, divisé, entre les différentes parties de son territoire ce qu’on appelle l’empire Plantagenêt.

Richard avait demandé à ce que ses entrailles et son cerveau ( parties périssables ) soient enterrées sur le lieu même en Limousin, puisque cette région ne mérite que ça.

Son coeur irait au normands qui ont été de tout temps les plus loyaux, et son corps avec ses insignes royaux iraient rejoindre la nécropole royale à Fontevraud où était déjà mort son père, 10 ans auparavant.

Cette dispersion du corps de Richard coeur de Lion est une pratique qui commence à se développer seulement au XII s, elle était connue chez les empereurs allemands dès le XI s mais c’était encore une pratique très contestée puisque la papauté interdit la séparation des corps, la division des entrailles. Pour le roi c’est une manière de faire de son corps un viviers de reliques pour multiplier les endroits ou pourrit s’exercer une sorte de culte de la royauté, pour rassembler les territoires de son empire le Limousin, l’Aquitaine, la Normandie et l’Anjou.

A cette époque là on disperse les corps, c’est devenu un privilège Capétien puisque ça a été interdit par le pape à une certaine période mais on avait une certaine possibilité d’avoir des exemptions et la famille Capétienne a obtenu ces exemptions jusqu’à la fin.

Processions et mémoire sociale des défunts

L’embaumement à cette époque là, lorsqu’il ne s’agissait pas de dépouilles de conflits permettait de prouver l’accession au trône des descendants, on prouvait que la personne était morte en la baladant dans le pays, en disant, «  voilà, mon père est mort je peux devenir le nouveau sénéchal, ou autre à sa place. Ces processions avec ces dépouilles pouvaient durer certaines fois tellement longtemps que la dépouille n’était plus vraiment dans un état suffisant pour pouvoir être démontrer, et du coup on fabriquait des effigies du personnage pour le balader devant la procession pour dire c’est bien lui, « je vous le représente en petite poupée mais il est bien à l’arrière, même si la décomposition faisait qu’il n’était plus dans le même état que ce qui était représenté ». La préservation des corps à cette époque là, n’était pas quelque chose d’extrêmement aboutie, ce n’était pas pratiqué par des médecins, très rarement par des chirurgiens, on laissait cette pratique à des barbiers et même souvent à des bouchers. On a tout un corpus pour l’utilisation des plantes pour embaumer, notamment la menthe, la rhubarbe qui était très utilisées, des encens aussi, mais ça reste quelque chose de vraiment aléatoire, on a pas de cohérence sur les pratiques d’embaumement de l’époque.

Certains chirurgiens retiraient le cerveau pour permettre à la dépouille de se décomposer un peu moins rapidement, d’autres éviscéraient le corps complètement pour pratiquer des onguents à l’intérieur, certains se contentaient de faire des trouées sur la peau et de mettre des petites herbes de Provence à l’intérieur des trous et refermaient pour que simplement l’odeur reste moins longtemps mais pas de cohérence de technique à cette époque là.

 

Source : retranscription libre de la Fabrique de l'histoire de France Culture : Que faire de nos morts, les inhumer et peut-être les représenter.

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