Décès d'Henri Zajdenwergier, dernier survivant du convoi 73 parti du camp de Drancy, le 20 mai 2024
Publié par L'équipe dans Actualités Le
12/06/2024 à 14:45
Henri Zajdenwergier, le dernier survivant du convoi 73 parti du camp de Drancy le 15 mai 1944, est décédé à l'âge de 96 ans. Son parcours poignant traverse l'une des périodes les plus sombres de l'Histoire de l'humanité.
Le parcours d'Henri Zajdenwergier : une vie marquée par l'Histoire
Né en 1928 à Paris, Zajdenwergier a été l'un des derniers survivants du "Convoi 73", parti du camp de Drancy pendant la Seconde Guerre mondiale. Sa vie a été marquée par les horreurs de l'Holocauste, mais aussi par son courage et sa résilience face à l'adversité.
Une enfance brisée par la guerre
Issu d'une famille juive polonaise, Henri Zajdenwergier a grandi dans la banlieue de Metz. Son enfance a été brutalement interrompue en 1942 lorsqu'à l'âge de 16 ans, il est arrêté avec sa famille durant la rafle d'Angoulême le 8 octobre. « Lorsque les décrets anti-juifs ont été publiés, mon père nous a déclarés au commissariat car nous avions confiance dans le Gouvernement français. », a-t-il déclaré.
Une seconde déportation au camp de Poitiers
Grâce à sa nationalité française, Henri Zajdenwergier a été libéré après son internement. En 1944, un an et demi après sa libération, il a été à nouveau arrêté par la police allemande à Angoulême, et est cette fois déporté au camp d'internement de Poitiers. Les archives départementales de la Vienne, situées sur le site même de l'ancien camp, conservent des documents historiques relatant la vie dans ce camp, où Henri Zajdenwergier a été interné après son arrestation de 1944.
Du convoi n°73 à la marche de la mort
Le 15 mai 1944, le convoi n°73 composé de 878 hommes juifs, dont Henri Zajdenwergier faisait partie, a quitté le camp de Drancy à destination du neuvième Fort de Kaunas en Lituanie puis de la prison Patarei à Tallinn en Estonie, au lieu d'Auschwitz. Affecté au travail forcé sur un aérodrome allemand, il lui faut attendre janvier 1945 pour être évacué par bateau et transféré au camp de Stutthof. Puis, il survit à la marche de la mort vers Rybno avant d'être libéré par les Russes, échappant ainsi aux camps d'extermination. Seuls 22 déportés de ce convoi survivront.
Le devoir de mémoire d'un survivant
Henri Zajdenwergier a livré son témoignage poignant, malgré la douleur des souvenirs, dans l'ouvrage La Rafle d'Angoulême, 8 octobre 1942, racontée par des survivants et auprès de jeunes élèves, comme en 2024 au lycée Marceau à Chartres dans le cadre du Concours national de la Résistance et de la Déportation.
La disparition d'Henri Zajdenwergier et la mémoire collective
Le décès d'Henri Zajdenwergier a laissé un vide immense dans la mémoire collective de l'Holocauste ; sa disparition marque la fin d'une époque, celle des témoins directs de l'une des périodes les plus sombres de l'Histoire.
Un témoin inestimable de l'horreur des camps
Le témoignage d'Henri Zajdenwergier illustre les atrocités subies par les Juifs durant l'Holocauste. Du convoi n°73 uniquement composé d'hommes juifs français, envoyé vers les camps des Pays baltes, à Kaunas en Lituanie, plus de 500 déportés sont fusillés et enterrés dans des fosses communes à Pravieniskès. Après la guerre, Henri témoigne de cette expérience traumatisante, se sentant parfois coupable d'être le seul survivant.
Un symbole de la disparition des derniers témoins
Avec la mort d'Henri Zajdenwergier, c'est un fragment de la mémoire vivante de la Shoah qui s'éteint. Selon les estimations, il ne resterait aujourd'hui qu'environ 1500 survivants des camps en France. Leur disparition progressive soulève des questions sur la transmission de cette mémoire aux générations futures.
La vie d'Henri Zajdenwergier
La disparition d'Henri Zajdenwergier marque la fin d'une époque et prive le monde d'un témoin irremplaçable de l'Holocauste. Son combat pour la mémoire reste une source d'inspiration pour les générations futures afin que de telles atrocités ne se reproduisent plus jamais. Son courage et sa résilience face à l'adversité resteront gravés dans les mémoires.